De sales nouvelles d’overblog… de loin.

Il y a plusieurs mois, le djumary blog prenait le large et quittait la beurk-plateforme d’Overblog. A l’époque je n’avais pas de vraie raison pour la quitter, si ce n’était qu’un très mauvais pressentiment…
Je sentais que j’allais me faire emmerder enfler (site “gratuit” mais sur lequel on a aucun contrôle et avec des conditions générales d’utilisation très obscures. Une vraie boîte noire, comme on les aime).

J’avais donc pris la décision de déménager notre site, pour passer sur une plateforme à nous, sur un serveur à nous. Du zoli Wordpress comme vous l’avez sûrement deviné, solution libre hyper connue de blogounage.

Aujourd’hui, je ne regrette pas ce choix :

  • quand je vois ce qu’est devenu notre ancien site sur overblog. Je n’y suis quasiment jamais retourné depuis. Et heureusement.  Ce dernier est bourré de pub, de sales étrons partout, comme des barres d’outils invasives ou des bannières flash. Tout cela inséré sans aucun avertissement. Le fait de ne pas l’avoir demandé aux gens ne m’étonne pas trop, puisque c’est explicitement écrit dans les conditions d’utilisation. Vous pouvez revoir notre pauvre ex-blog zombie ici : http://djumary.over-blog.com/… snif.
    Coïncidence, le dernier article rédigé chez eux concernait justement ce “léger” problème ;)
  • quand je vois notre ami Spi qui est “resté” là bas, et qui galère comme un ouf.

Bref, dans le monde merveilleux d’Overblog, je suppose que c’est le début de la fin, puisque que de telles décisions ne peuvent refléter que de graves difficultés financières…-menfin, je dis ça je dis rien, je me trompe peut-être ;)…- Souhaitons donc bon courage et surtout bonne chance à tous les futurs ex-Overblogueurs.

Quand je vous disais que le gratuit en ligne c’était pas le pied…
je ne pensais pas si bien dire.

Réponse à Cyrille Borne “Les bonnes vieilles recettes fonctionnent [...]” ou pas.

Depuis maintenant plusieurs mois, je lis régulièrement le blog de Cyrille Borne. Son blog est extrêmement bien fourni, et qui plus est  de bonne qualité, en particulier dans le domaine du montage vidéo (dans lequel je n’y connais absolument rien) et des logiciels libres.

Il y a maintenant quelques jours, Cyrille nous faisait part de son inquiétude face à l’attitude de la population, qui d’après lui, « ne pratique pas la modération», «refuse de jouer le jeu du passage à la caisse [...] impactant directement les nouvelles propositions d’offres légales et alternatives qui vont peut être jeter l’éponge»…. un tantinet alarmiste.

Dans un premier temps, très brièvement, je lui ai envoyé un mini-mail contenant un lien vers une présentation rapide des réflexions approfondies d’un spécialiste, qui, je trouve, collait bien à la situation.

Mais après coup, je pense que son billet mérite un peu plus d’implication. Cher Cyrille, voici donc ma réponse. Je préviens par avance, tu retrouveras ici rien d’original. Juste pléthore d’arguments que l’on (re-re-)trouve partout ailleurs sur le sujet, mais cela me fais plaisir de les confronter à tes réflexions.

Tout d’abord, en introduction, tu exprimes ta gêne face au «mélange entre la défense de nos intérêts, la liberté d’expression, le concept de big brother, le téléchargement, la licence légale, les utopies ». Petite remarque là dessus. Au risque de devoir pinailler, les mots ont leur importance. Ce « mélange » n’est pas là par hasard. D’ailleurs, la plupart du temps, dans les blogs - du moins ceux que je lis -, ce n’est pas un simple et vulgaire mélange. Ces notions se retrouvent le plus souvent ensemble car elles sont, au fond, très liées. Le plus souvent, même, un raisonnement construit et argumenté – dont je me garderai bien ici de faire un développement, d’autres l’ont fait mieux que moi – détaille le lien entre chacune de ces notions, et comment tout cela s’articule.

Ensuite, le second point, concernant «les élèves qui n’achètent pas les disques, et préfèrent acheter des Nike à la place », je veux bien prendre la défense de ces élèves. J’en ai été un moi aussi, et comme beaucoup -une grande majorité-, j’ai pas mal partagé. Dix ans plus tard, est-ce qu’il faut me jeter la pierre car cela fait de moi un vil criminel ? Le raccourci “partage == vol == meurtre ” est un peu simplet. Donc, non, je ne pense pas.

Primo, si on me partageait des oeuvres, c’était -comme une grande majorité- des oeuvres dont on nous gave quotidiennement : de la belle zic en boîte qui rapporte un max. Et alors ? Est ce que Goldman ou Noah -la honte- en est mort de pauvreté ? Non, je ne pense pas non plus. Après dans un monde ou l’on infantilise sans cesse les gens, c’est un peu facile de faire la morale aux gosses sur ce sujet.

De les faire passer pour des gros voyous et voleurs. Certes ils sont parfois naïfs, parfois idiots (cela n’a rien de méchant), ils ne font pas souvent les bons choix etc, mais il n’est pas très sain [dans ce domaine] de reprocher aux jeunes d’être jeunes. Et si je peux me permettre ce genre de poncif : il faut que jeunesse se fasse. [/argument sans intérêt : bien relevé par Cyrille.]

On ne me fera pas croire que c’est de leur “faute” (si mal il y a) s’ils ont accès aux œuvres culturelles librement. On ne me fera pas croire qu’il vont tuer la culture. On ne me fera pas croire que partager c’est un crime ou un délit. On ne me fera pas croire que les anciens «jeunes cons» se seraient privés s’ils avaient eu accès à Internet. Que je sache, les vrais pirates, se sont ceux qui font de la vraie contrefaçon. Ceux qui distribuent des oeuvres pour en faire du fric. Là, ok, on peut parler de pirate. Aujourd’hui je suis devenu un amateur de musique, et non plus simple consommateur -de zic en boîte-. C’est fou ! Et j’en achète toujours des CDs . rooh. Complètement incohérent. [/phrase sans intérêt]

Secundo, chose que l’on a tendance à oublier : jusqu’à preuve du contraire, c’est le public qui fait vivre les auteurs, et non pas les industries. Dans un sens donc, ce n’est pas naturel d’incriminer son propre public, puisque c’est lui qui paie, d’une façon ou d’une autre. Sans public, qui écoute ? L’artiste ? Seul dans sa chambre de bonne, il est sûr que son oeuvre ne sera pas volée. Le disque a d’autant plus de valeur que plus de monde le connaît, non ? Historiquement, le droit d’auteur a été créé pour protéger les auteurs non pas de leur propre public, mais des abus des industriels. Drôle de déviance…

A l’époque ou accéder à la -vraie- musique était, et il faut bien le dire, la croix et la bannière, surtout pour les gens qui vivent à la campagne -genre moi-, aujourd’hui, l’accès est “libre” - menfin, presque, si seulement on tolérait le “fair-use”…-. Nous parlons ici de l’accès, et non pas d’acheter un service, comme un CD, un objet matériel, ou d’aller à un concert. La distinction est importante. Une œuvre de l’esprit ne peut pas être enfermée dans une boîte. C’est réducteur de penser cela. C’est réduire une œuvre à du contenu marchand. D’ailleurs quelles est la différence aujourd’hui, fondamentalement, entre un service comme Deezer et le fait de partager ses oeuvres ? Aucun.

Lorsque, avant Internet, je devais acheter un CD pour écouter à une œuvre “à la demande”, je devais obtenir le support pour y accéder. Aujourdh’ui, d’une je n’écoute plus -trop- de daube, de deux j’achète. Souvent même, les plus gros “pirates” -je déteste ce mot- sont aussi de gros consommateurs -je déteste ce mot-. Ce “phénomène” rejoint certaines études sérieuses et censées qui ont été faites sur le sujet. En bref, tout cela est censé démonter la logique “évidente”, et que personne ne semble remettre en cause : le partage est un crime, il doit être puni au même rang que la pedo-porno. Elle est ou la nuance ?

Tercio, revenir aux fondamentaux et de se poser les bonnes questions. Est-ce que le droit d’auteur est encore adapté aux technologies numériques ? Aux vu du nombre de personnes qui sont de vrais criminels aujourd’hui, et des mesures extrémistes et invasives que l’on doit prendre pour endiguer le phénomène, il y a de quoi se poser la question. Une réforme pour étendre le “fair-use” aux échanges non marchands, voilà ce que certains proposent, et cela ne me paraît pas complètement crétin.

Est-ce que l’on va aider les jeunes à aimer la musique en restreignant l’accès aux oeuvres ? Pas convaincu. Car, je ne sais pas toi Cyrille, mais moi, plus j’écoute la musique, et plus j’aime la musique. Plus je lis, et plus j’aime lire. Plus je regarde les films, et plus j’aime regarder les films. Et forcément, plus j’aime, plus je consomme (et accessoirement achète).

Je ne vais pas m’attarder sur le coup/coût des chaussures, qui me rappelle une certaine confusion entre l’accès à des biens matériels et l’accès à des biens immatériels : LE grand classique de l’économie de rareté re-calqué sur l’économie d’abondance ; LE grand classique inapplicable mais que les Majors se « tuent » à vouloir appliquer sur Internet et les œuvres de l’esprit en général. L’accès à un bien matériel a un coût, c’est indéniable. L’objet CD, que tu affectionnes, tu le remarqueras, n’est pas volé par Internet. (Si oui, il faudra que l’on m’explique comment). Et c’est pourtant le coût le plus important supporté par les distributeurs classiques adeptes de la bonne vieille recette.

Que je sache, ce n’est pas le travail de l’artiste qui leur coûte cher au Majors, c’est le reste : marketing, pub, design, fabrication du cd, diffusion, blabla, re-pub, encore pub, etc. Et bizarrement, ça concerne quoi ça ? Toute la zic en boîte.

Je ne vais pas m’étendre non plus sur les artistes tels que Mano Solo, mais les contre-exemples existent, et si je peux me permettre, ce bon monsieur semble s’accrocher à la logique de vente de matériel+pub, qui, c’est sûr, est en mauvaise voie. Quoiqu’il en soit, en consultant le marché des biens culturels, force est de constater que les chiffres officiels de la Sacem n’ont jamais été aussi élevés, et que le chiffre d’affaire des services spectacles a explosé. Preuve donc que les gens donnent de l’argent dans les services culturels, non ?

Peut être qu’il faut se rendre à l’évidence, le modèle économique basé sur une restriction de l’accès est tout simplement dépassé, et que les auteurs doivent en revenir à l’ancienne méthode : faire de la musique, et non pas la vendre dans une boîte (ça induit un certain nombre d’efforts, je le concède). Ce sont des artistes avant d’être des commerçant non ?

Enfin, concernant le souci de la crédibilité des défenseurs, au vu des dons récoltés en à peine deux semaines par la Quadrature, je constate que les gens qui mettent la main au porte monnaie ne sont finalement pas si rares, même si cela reste peu en effet, pour un sujet aussi important. L’économie du don n’est peut-être pas si utopique que ça. Au moins, les gens donnent au lieu d’être contraints de payer… pour des choses qu’ils ne connaissent même pas.

Donc, pour moi, le problème est plutôt de trouver son public, d’éduquer et de faire passer le message.

A ne pas oublier : on est en pleine période de mutation, et qu’il faut laisser le temps au temps pour que les nouveaux modèles s’établissent. Et j’ai espoir que cela évolue en bien. En bref gardons espoir.

Ils ont tout fait foirer ! Ou pas ?

En cette journée grise, voici un témoignage d’espoir.
Un témoignage troublant. S’il-vous plaît, ne sauvez pas Jim.

“Le réseau internet doit se comporter vis-à-vis des données
exactement comme un tuyau se comporte vis-à-vis de l’eau.”
B. Bayart. Table ronde politique des rencontres mondiales du logiciel libre. 2009.

La culture lue et…. écrite ?

Ce soir, je me permets de faire le relais de nos amis de Divergence FM, radio libre de Montpellier, pour remonter cette chouette vidéo publiée sur leur site, ou l’on retrouve mon Maître à penser, Lawrence Lessig.

Ce dernier nous explique (bon, d’accord, qui nous a expliqué en 2007, je sais, je suis à la bourre !) quelques notions *très* intéressantes, à sa manière, comme il sait si bien le faire dans ces ouvrage écrits, avec son humour si “British” :).

Bon visionnage !

Sauvons Internet
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Jolies citations...
  • Ceux qui sont prêts à échanger leur liberté contre une sécurité temporaire, ne méritent ni l'un ni l'autre. [Benjamin Franklin]
  • Si personne ne l'a fait, alors fais-le toi même. [Proverbe du Logiciel Libre]
  • Qui parle sème, qui écoute récolte. [Proverbe Persan]
  • Un secret a toujours la forme d'une oreille.[Jean Cocteau]
  • Seul un regard peut créer l'univers.[Christian Morgenstern]